Note
préliminaire
de QPN Burundi
sur les élections législatives du 23 Juillet 2010
Monsieur
le Président
de la CENI,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations de la
société civile,
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Mesdames et Messieurs,
En ce jour
du 26 Juillet 2010, l'équipe d’observation électorale
de Quaker Peace Network
(QPN) Burundi voudrait porter à votre attention et à l’attention
de tous les Burundais le
compte-rendu préliminaire de son observation des élections
législatives qui ont eu lieu en date du 23 Juillet 2010.
259 observateurs parmi lesquels 247 nationaux et 12 internationaux venus
du Rwanda, de la
RD Congo, du Kenya, du Canada, de la Grande Bretagne et des États-Unis
d'Amérique étaient
déployés dans 13 provinces et 38 communes du pays. Les
observateurs de QPN viennent des
différentes organisations membres. Ces organisations travaillent
en divers endroits, au Burundi et ailleurs, pour la promotion de la paix à travers
la guérison des traumas, l’appel à la
réconciliation et le développement communautaire.
QPN Burundi
considère son rôle d'observation électorale
comme un moyen de promouvoir des
é
lections libres, justes et transparentes, qui constituent une étape
décisive vers l’instauration
d’une vraie démocratie et d’une paix durable.
Les législatives qui viennent d’avoir lieu s’inscrivent
dans une série d’élections, dont les premières étapes
ont été les communales et les présidentielles. Les
observateurs QPN ont
constaté à plusieurs égards une amélioration
par rapport aux deux élections précédentes.
Premièrement, les tensions préélectorales qu'a connues
le Burundi à la veille des présidentielles à cause
de la crainte de violences ont été nettement réduites.
De plus, alors que pour les
présidentielles un seul concurrent s’était présenté,
cette fois-ci d'autres partis politiques et
candidats indépendants ont concouru. Dans les bureaux de vote
sur lesquels nous avons eu des
informations, les heures d’ouverture et de fermeture ont été respectées.
Enfin, les rapports
préliminaires de nos observateurs mentionnent que les mandataires
politiques qui étaient
présents ont mieux respecté leur rôle : ils sont
restés jusqu'au remplissage des PV, et n'ont pas
tenté d'influencer les résultats ni de connaître
le vote des électeurs.
Néanmoins, quelques défis
techniques persistent. Un certain nombre de nos observateurs ont
rapporté quelques problèmes non négligeable sur
la façon dont les bureaux de vote ont compté les voix et
les ont reportées dans les PV. Pour des raisons techniques, il
est arrivé qu’une petite
poignée de votes ne soit pas comptée correctement. Les
membres de quelques bureaux de vote
ne distinguent pas la différence entre une voie nulle et une abstention.
Enfin, des difficultés à
remplir le formulaire F2 ont été notées. Les observateurs
ont considéré que ces problèmes
viennent d’une formation insuffisante des membres des bureaux de
vote, et non d’une volonté
systématique de favoriser un parti ou un autre.
Sur la base
d’un échantillon de rapports que nous avons
collectés, le taux de participation dans les provinces observées
avoisinait 40% dans les zones urbaines, et 60% dans les zones rurales.
Nous concluons que le déroulement de ces élections législatives
s’est amélioré par rapport aux
é
lections précédentes (présidentielles et communales),
quoique des améliorations soient encore à faire.
RECOMMENDATIONS
A l'endroit de la CENI:
Donner une
formation supplémentaire aux membres des bureaux de
vote. Celle-ci devrait
inclure les instructions suivantes:
1. Remplir
les formulaires F2 en suivant des instructions précises
et ne pas les signer
avant qu’ils soient remplis.
2. Rappeler
aux membres de la police et des forces armées de
ne pas introduire d’armes
dans les bureaux de vote (Articles 53, 231)
3. Ne pas
permettre à plus de 10 personnes de voter là où elles
ne sont pas inscrites. Au
cas où cet arrêté gênerait l’expression
effective du peuple, la CENI devrait être
conséquente pour instaurer une règlementation alternative.
4. Donner
des instructions claires sur la procédure à suivre
pour le comptage des voix,
précisant la différence entre bulletin nul et abstention.
Aux Partis Politiques:
1. Que chaque
parti politique participant à l’élection
envoie au moins un mandataire
2. Que ces
mandataires politiques reçoivent une formation complémentaire
sur leurs
droits et leurs devoirs, et soient conscients de la nécessité de
rester jusqu'à la fin du
scrutin, le comptage des voix compris.
A toutes
les parties concernées et à tous les citoyens
Burundais:
1. L'Église des Amis croit qu'il y a « de Dieu en chacun ».
Avant de considérer les
nombreuses différences qui nous séparent, souvenons-nous
de ce que tous les hommes
sont créés à l'image de Dieu, sans considérer
l'affiliation politique, l’ethnie, le sexe ou
l'âge. Souvenons-nous donc que tous méritent le respect
et le droit d'exprimer leurs
opinions.
2. QPN considère qu’une communication effective, faite à la
fois d'écoute véritable et de la possibilité pour
chaque partie d'être entendue et prise en compte, est le principal
moyen de faire face aux conflits. Les parties opposées devront
chercher un cadre
propice au dialogue et à une médiation véritable,
et tenter de dépasser les positions
figées des intérêts personnels afin de découvrir
quel terrain d'entente peut être trouvé entre tous les Burundais.